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Où placer l'avertissement sur les performances passées

· Sociétés de gestion · 6 min

La phrase est connue de tous : les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Elle figure sur à peu près tous les sites de sociétés de gestion.

Elle y figure aussi, presque toujours, en gris clair, en petits caractères, sous la courbe, ou dans un bloc de mentions replié en pied de page. Le texte est là. Il n'est pas lu.

Cette note ne porte pas sur la rédaction de l'avertissement, qui est largement contrainte, mais sur son emplacement, qui ne l'est pas. C'est une décision d'architecture, elle se prend au moment de concevoir la page, et elle se prend presque toujours par défaut.

Le réflexe du renvoi

L'organisation la plus répandue est celle-ci : la performance occupe le haut de la page, en grand, souvent en couleur. Un appel de note discret la suit. L'avertissement se trouve en bas, dans un bloc gris regroupant l'ensemble des mentions.

Cette organisation vient de l'imprimé, où la place est comptée et où le lecteur parcourt la page entière d'un regard. Sur un écran, elle produit un résultat différent : le lecteur voit le chiffre, comprend qu'il est bon, et fait défiler jusqu'à la section suivante. Le bloc de mentions est atteint par une minorité de visiteurs, et lu par une fraction de cette minorité.

Le renvoi crée une distance entre l'information et sa réserve. Cette distance n'est pas neutre : elle place l'avertissement hors du champ de lecture au moment précis où il aurait porté.

Ce qu'implique le principe d'une information claire, exacte et non trompeuse

Le cadre applicable aux communications à caractère promotionnel des sociétés de gestion repose sur une exigence de fond : l'information doit être claire, exacte et non trompeuse, et les avertissements ne doivent pas être dissimulés ni minimisés par leur présentation.

Cette dernière partie est la moins commentée, et c'est la plus opérante pour concevoir une page. Elle ne dit pas seulement quoi écrire. Elle dit que la manière dont l'information est présentée fait partie de l'information.

Un avertissement rendu en corps 10, gris à 40 % d'opacité, sous une performance affichée en corps 48, n'est pas au même niveau de lecture que ce qu'il tempère. La question n'est plus de savoir si la mention figure sur la page, puisqu'elle y figure, mais si sa présentation la met à portée du lecteur.

Trois décisions concrètes

**La taille.** L'avertissement se compose au même corps que le texte courant de la page. Pas en note. Si le corps de texte est à 17 pixels, l'avertissement est à 17 pixels. C'est la décision la plus simple à prendre et celle qui change le plus le résultat.

**La proximité.** L'avertissement se place immédiatement sous la donnée qu'il tempère, dans le même bloc visuel, sans élément intercalé. Pas en pied de page, pas derrière un lien, pas dans un panneau à déplier. Le lecteur qui voit le chiffre voit la réserve dans le même mouvement de lecture.

**Le contraste.** L'avertissement se compose dans la couleur de texte secondaire de la page, celle utilisée pour les chapôs et les légendes — pas dans une teinte plus claire créée pour lui. Un texte à 40 % d'opacité n'est pas une nuance typographique : c'est une mise à l'écart.

Ces trois décisions ne coûtent rien à la mise en page. Elles se prennent une fois, à la conception de la grille, et elles s'appliquent ensuite à toutes les pages qui portent une performance.


Les mentions d'agrément et la durabilité relèvent du même raisonnement

Le numéro d'agrément délivré par l'Autorité des marchés financiers, la forme sociale, les informations relatives à la prise en compte des critères de durabilité : ces éléments suivent souvent le même sort que l'avertissement. Ils sont ajoutés à la fin, dans un bloc conçu pour les recevoir tous, une fois la page terminée.

Ce bloc a un nom implicite dans la plupart des projets : « les mentions ». Le mot dit ce qu'il en est, à savoir un ensemble d'obligations traitées ensemble, à part du contenu.

Traités comme une contrainte ajoutée après coup, ces éléments produisent une page où ils détonnent. Intégrés à l'architecture dès le départ, l'agrément dans la présentation de la société, la durabilité dans l'exposé de la stratégie de gestion, l'avertissement au contact de la performance, ils ne détonnent plus, parce qu'ils sont à l'endroit où un lecteur les cherche.

Un investisseur professionnel qui consulte le site d'une société de gestion ne découvre pas ces mentions. Il vérifie qu'elles y sont, et où elles sont. Une page qui les traite comme faisant partie du propos se lit différemment d'une page qui les traite comme une formalité.